Pour les premiers cours de Lindy Hop, on vient avec les chaussures qu'on a, et des baskets confortables font très bien l'affaire. La question arrive plus tard, par exemple sur un swing out : le pied reste collé au parquet pendant que le corps tourne, et c'est le genou qui encaisse.

Souvent, tout se joue au niveau de la semelle. Certaines accrochent trop, d'autres glissent trop, et après trois heures de soirée, le confort compte autant que la glisse. Avant d'acheter quoi que ce soit, on peut aussi adapter une paire qu'on a déjà.

La semelle compte plus que la chaussure

En Lindy Hop, on pivote tout le temps : le follower à la sortie d'un swing out, le leader sur place, les deux sur les pas chassés. À chaque pivot, la semelle doit glisser un court instant, puis tenir à nouveau.

Semelle en cuir brun usée à l'avant du pied, appuyée contre l'autre chaussure de la paire
Sur une chaussure de danse, c'est l'avant du pied qui s'use en premier : c'est là qu'on pivote.
Photo : maks_d sur Unsplash.

Une semelle en caoutchouc, comme celle de la plupart des baskets, est faite pour accrocher au sol, et c'est elle qui retient le pied pendant le pivot. Les chaussures de sport à gros relief sont donc le choix le moins adapté.

Si on a mal aux genoux après avoir dansé, une semelle qui accroche trop fait partie des causes à vérifier.

Ce que les magasins de danse appellent une semelle en daim est un cuir poncé côté chair, au toucher de velours. « Chromé » désigne la façon dont ce cuir est tanné, et la plupart des semelles de danse en daim sont justement tannées au chrome : ce n'est donc pas une autre catégorie. La différence qui compte pour danser est entre cette face veloutée, qui glisse assez pour tourner tout en freinant un peu, et le cuir lisse des chaussures de ville, qui glisse davantage. Certains danseurs aiment ce cuir lisse, mais il peut devenir gênant sur un parquet ciré.

Un guide de la scène swing de Los Angeles le résume ainsi : le cuir est ce qu'il y a de mieux, le caoutchouc accroche trop pour tourner.

Le sol compte aussi : beaucoup de soirées en Suisse romande ont lieu sur du bois ou sur le parquet d'une école de danse, où le daim se comporte bien. Sur du béton ou du carrelage, il s'use vite, et il supporte mal l'eau : pour les soirées d'été en plein air, on prend plutôt une autre paire.

Une même paire peut donc très bien fonctionner dans une salle et glisser trop dans une autre. Avant de se décider, mieux vaut l'essayer sur plusieurs sols.

Pourquoi éviter les talons hauts au début

On voit des talons sur les pistes de swing, et certaines personnes dansent très bien avec. Pour débuter, ils rendent pourtant les choses plus difficiles.

Le Lindy Hop se danse bas, genoux souples, avec le poids surtout sur l'avant du pied, d'où partent les pas chassés, les kicks et le rock step. Un talon haut pousse le poids encore plus vers l'avant et rend l'appui moins stable quand un tour part de travers. Les talons fins peuvent aussi se coincer entre les lames du parquet, et sur une piste pleine, un pied écrasé par un talon fait plus mal.

Le compromis courant dans le swing, c'est un talon court et large de quelques centimètres. Beaucoup de chaussures vendues pour le swing sont faites ainsi, et certaines cachent une petite compensée à l'intérieur. Si on aime les talons, c'est un bon point de départ.

Le confort avant le style

Une soirée dure souvent trois ou quatre heures, et un festival en enchaîne plusieurs. Pour tenir aussi longtemps, trois choses comptent.

L'amorti sous l'avant du pied. Le Lindy Hop rebondit beaucoup, et l'avant du pied encaisse ces chocs toute la soirée. Une semelle fine et dure fatigue vite les pieds, et une semelle intérieure amortissante, comme on en trouve en pharmacie, peut déjà aider si elle laisse assez de place au pied.

Le maintien. La chaussure doit bien tenir le pied : si le talon sort quand on monte sur la pointe, le pied glisse dedans et les ampoules arrivent vite, d'où l'intérêt des lacets ou d'une bride. On essaie les chaussures l'après-midi, quand les pieds sont un peu plus gonflés, avec les chaussettes qu'on porte pour danser.

La souplesse. La semelle doit plier là où plient les orteils : une chaussure trop raide empêche de monter facilement sur la pointe.

Commencer avec ce qu'on a déjà

Les premières semaines, inutile de changer quoi que ce soit. Une semelle lisse et plate suffit : de vieilles baskets qui ont perdu leur relief, des chaussures à semelle en cuir ou des baskets en toile à semelle plate. Une semelle usée convient aussi, tant que la chaussure tient encore le pied.

Deux baskets en toile bleue vues d'en haut sur un parquet clair
Beaucoup de danseurs commencent en baskets en toile plates. Avec une couche de daim dessous, elles deviennent des chaussures de danse.
Photo : Neven Krcmarek sur Unsplash.

Si ses chaussures accrochent trop, on peut apporter une paire plate et confortable chez le cordonnier pour faire coller une couche de daim sous la semelle. Un collage soigné tient longtemps, et un bord qui se décolle se recolle en général avec un peu de colle à chaussures. Les magasins de danse vendent aussi des patins en daim autocollants, pratiques pour tester le daim avant de dépenser plus.

Une semelle en daim se salit vite dehors et perd alors sa glisse. On la garde donc pour la piste : on transporte la paire dans un sac et on la met sur place.

Quoi acheter, selon où on en est

  • On débute. On garde une chaussure plate et confortable à semelle lisse, et on ne change rien pendant quelques semaines.
  • On danse chaque semaine et les chaussures accrochent. On fait coller du daim par un cordonnier sous une paire qu'on aime, ou on teste d'abord des patins autocollants.
  • On veut une seule paire pour la rue et la piste. Une basket de danse comme Fuego, en vérifiant comment elle tourne sur le sol où on danse le plus.
  • On aime l'allure rétro. Une ballerine à compensée cachée comme Charlie Stone, ou une chaussure dessinée pour le swing comme Swivells ou Aris Allen. Dans les deux cas, on vérifie la semelle du modèle avant de commander.

Les marques

Certains liens de cet article sont affiliés. Si vous achetez en passant par eux, SwingHop touche une commission qui aide à financer le site, sans frais supplémentaires pour vous. Les liens Fuego et Charlie Stone vous offrent également 10 % de réduction, avec le code SWINGHOP10 chez Fuego et SWINGHOP chez Charlie Stone si vous passez directement par leur site.

Fuego s'adresse à qui veut une seule paire pour la rue et la piste. Ces baskets de danse ressemblent à des baskets ordinaires, mais leur semelle est faite pour glisser et accrocher à la fois, avec deux points de pivot légèrement surélevés. La plupart des modèles coûtent entre 150 et 165 dollars. Voir les modèles Fuego.

Charlie Stone parle surtout à celles qui aiment l'allure rétro. La marque fait des chaussures pour femmes inspirées des années 1920 à 1950, surtout des ballerines avec une petite compensée cachée, en daim ou en cuir. Elle ne se présente plus comme une marque de danse, mais dit que beaucoup de gens dansent avec ses chaussures. Les fiches produit ne précisent pas toujours la matière de la semelle : si c'est pour danser, on la vérifie avant de commander. Les prix vont d'environ 129 à 169 dollars. Voir la collection Charlie Stone.

Aris Allen a été lancée à la fin des années 1990 par des danseurs qui ne trouvaient pas de chaussures adaptées au Lindy Hop. La gamme utilise surtout des semelles en daim, que la marque présente comme le moyen de tourner en ménageant les genoux, et du cuir lisse sur les modèles habillés.

Swivells est la seule marque européenne de cette liste : dessinée à Paris, fabriquée à la main en Espagne, avec des collections Lindy Hop et Balboa. Ses derbies ont une semelle en néolite, une gomme dure prévue pour glisser de façon contrôlée, et coûtent environ 189 euros.

Entretenir une semelle de danse

Avec l'usage, le daim s'écrase, devient brillant et glisse davantage, ce que certains danseurs aiment bien. Quand la semelle devient trop glissante, une brosse métallique pour daim redresse les fibres et rend en général l'adhérence. On garde ses chaussures au sec et on les laisse aérer après une soirée.

Où danser en Suisse romande

Le meilleur test reste une soirée : on voit vite si une paire tourne bien sur le sol de la salle. Les soirées et les cours d'initiation près de chez vous sont dans l'agenda swing de Suisse romande. Si c'est votre première soirée, notre guide ce qui se passe vraiment lors d'une soirée swing explique comment elle se déroule. Le catalogue des figures de Lindy Hop montre les pas de base en vidéo.